Et si demain il n'y avait plus de médecin à Barlin... Voilà en effet une question que nous pouvons nous poser car c'est malheureusement une possibilité envisageable. Mon médecin sonne déjà l'alarme voyant s'approcher pour lui et l'un de ses collègues l'heure de la retraite. Prochainement, un autre devrait paraît-il quitter Barlin pour le sud-ouest.
La désertification médicale est un véritable problème. Les zones rurales n'attirent pas les jeunes diplômés en médecine et notre département ne semble pas avoir plus la cote. La construction ici et là de maisons médicales pour appâter les médecins est-elle la solution? Je ne sais pas, mais au train où l'on voit se construire ce genre de structure, il y aura bientôt plus de maisons médicales que de médecins disponibles pour s'y installer. Certaines maisons médicales peinent déjà à trouver des locataires.
On ne peut pas reprocher à des personnes ayant fait des études longues et difficiles de choisir un lieu d'implantation plus agréable que le Pas-de-Calais. Les docteurs sont accueillis partout les bras ouverts, ils n'ont que l'embarras du choix, alors tant qu'à faire, autant s'installer au soleil.
Je pense que les collectivités doivent tenir un rôle essentiel pour éviter une chute du nombre de médecins dans les zones peu attrayantes.
Bien souvent, je me dis en ouvrant les volets ''quel pays, qu'est ce qu'on fait ici !'' et pourtant je continue à vivre à Barlin parce que mes racines et celles de mes proches sont ici. Finalement, je pense qu'il faut être né chez nous pour y vivre presque instinctivement. Pourquoi ne pas jouer avec cet attachement pour recruter nos futurs médecins du cru. J'ai regardé les résultats du Bac S de cette année, j'ai été étonné du nombre de lycéens ayant obtenu les mentions bien et très bien. Parmi ces lycéens brillants, certains iront tenter leur chance à la fac de médecine. Imaginons qu'une ville, une communauté de communes ou un département prenne en charge le coût total des études (inscription, cours, logement, repas...). En contrepartie, diplôme en poche, le nouveau médecin devra pratiquer un certain nombre d'années dans le secteur géographique dont dépend la collectivité territoriale et où il a ses racines. Ceci permettrait aussi à des étudiants, issus de milieux modestes, de s'orienter vers des études longues et coûteuses.
Evidemment cette idée n'aura pas pour effet de régler le problème rapidement, mais une collectivité pourrait prendre les devants en cas de départ en retraite programmé d'un médecin.