Article de la Voix du Nord du 22 juin 2016
Variante de la théorie du complot, le complexe de Caliméro du Front National
Le ton est un peu monté hier matin, au deuxième jour de la plénière du conseil départemental du Pas-de-Calais. Estimant avoir servi d’ « alibi » au président Michel Dagbert, qui ne leur aurait octroyé que des strapontins « dans des organismes et des commissions secondaires », les frontistes ont choisi de ne plus y siéger.
La tension est montée d’un cran, mardi, entre le camp frontiste et les autres. À l’origine d’un vigoureux échange, la décision des élus d’extrême-droite de se retirer de toutes les commissions et organismes satellites de l’institution dans lesquels ils avaient obtenu un ou des strapontins lors de l’installation du nouveau conseil départemental.
José Evrard, figure de proue de la troupe lepéniste à l’assemblée départementale, s’est justifié en dénonçant le «sectarisme » de Michel Dagbert, qui aurait selon lui volontairement confié aux frontistes « des places au sein des organismes qui pèsent le moins sur l’échiquier départemental, mais pas dans ceux qui comptent ». Et de refuser « de servir de caution à une vision tronquée de la démocratie » de la part du président du CD 62, «qui se dédouane du mépris qu’il a à l’égard des élus du FN et bafoue les règles du pluralisme politique ».
C’est d’abord le maire communiste d’Avion et 7 e vice-président du CD 62 (en charge du RSA, de l’insertion, du FSL et du programme de l’habitat), qui s’est gaussé du portrait ainsi dressé d’un Michel Dagbert soudainement élevé au rang de dictateur ! « C’est quand même mal venu de la part d’un groupe affilié à une famille (Le Pen)dont on ne compte plus les démêlés judiciaires. » Et de poursuivre, sarcastique : « Avec le FN, on allait voir ce qu’on allait voir. Ce qu’on voit aujourd’hui, c’est que les élus fuient devant le travail. »
C’est ensuite le Berckois Bruno Cousein, au nom du groupe (de droite) Union Action 62, qui s’est indigné de ce retrait : « Si c’est un droit que de se présenter aux suffrages, c’est un devoir que de remplir ensuite ses engagements. Soit on les assume, soit on démissionne purement et simplement ! »
Une formule reprise à son compte par le porte-parole du groupe socialiste, le Liévinois Laurent Duporge. « La démocratie, on ne l’utilise pas seulement quand ça nous arrange », tempêtera-t-il, fustigeant ce qu’il nomme une «désertion ». « Le rôle d’un élu ne se résume pas à être présent et faire du bruit quand il est sûr que ça se voit et que ça s’entend. Le travail dans les organismes et les commissions, et il n’y en a pas de secondaires, ça fait partie du job, on touche une indemnité pour ça !»
Et José Évrard, piqué au vif, d’hurler à la « politique de caniveau », appelant ses détracteurs à «balayer chez eux avant de donner des leçons de morale aux autres ».
La Voix du Nord Paru le 22.06.2016
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Pas-de-Calais : les élus FN se retirent des commissions et organismes du conseil départemental
La tension est montée d'un cran, ce mardi, entre le camp frontiste et les autres. À l'origine d'un vigoureux échange, le " retrait " des élus d'extrême-droite de toutes les commissions et de t...