Barlin: les trois cabinets de médecin restent désespérément vides
C’est le projet d’une vie, un pari sur l’avenir, et un investissement considérable : plus d’un million d’euros et un prêt sur 20 ans. Et pour l’instant, rien ne se passe comme prévu.
Il y a un an, Cécile et Bertrand Vanbremeersch décidaient de créer une nouvelle pharmacie pour gagner en surface et répondre aux normes d’accessibilité. Face à la pénurie de médecins généralistes, ils décident d’ajouter à leur projet la création d’un cabinet médical avec trois cellules. « Pour notre survie », déclarait le couple l’année dernière. Une pharmacie sans médecin dans une commune, c’était perdu d’avance.
La construction du bâtiment prend forme, et le couple de pharmaciens entame les recherches il y a six mois. « J’ai mis des annonces dans les facultés de médecine, dans la presse médicale, dans les différents hôpitaux du secteur, auprès du conseil de l’ordre des médecins. On l’a annoncé à l’agence régionale de la santé », liste Cécile. Mais rien, aucun coup de fil. « Depuis le 11 avril, on est même sur My Tf1, dans la rubrique de SOS village. »
D’autres professionnels de la santé les ont, en revanche, contactés, énormément d’infirmières, mais aussi des ostéopathes, podologues ou dentistes. « Mais notre objectif, ce sont les généralistes », précise Bertrand, pour, aussi, faire tourner leur pharmacie.
Trois cabinets clé en main, mis aux normes, dans un secteur comptant des hôpitaux, « on répond à tous les critères et cela reste difficile de trouver », analyse Bertrand. Pour le pharmacien, « il va falloir que les politiques de secteur prennent leurs responsabilités. Les médecins ne veulent plus travailler comme avant. Beaucoup souhaitent rester des remplaçants, pour être libres. Sans oublier la loi Marisol Touraine qui pourraient les obliger à gérer les mutuelles, et donc encore plus d’administratif. » Le pharmacien propose une piste :« Que les villes embauchent des médecins comme cela se fait ailleurs en France. »
Depuis le 22 février, les trois cabinets sont prêts à l’emploi. « Pour l’instant, on n’investit pas plus dans du matériel. On va attendre de voir en novembre, à la prochaine session de sortie des facultés. » Malgré la difficulté, le couple de désespère pas d’y arriver.
Stéphanie Hameaux
(Article de l'Avenir de l'Artois)