Nous sommes nombreux à avoir passé notre jeunesse dans une maison des houillères. Nous restons bien sûr très attachés à ces vieilles maisons au confort plus que sommaire. A l'époque, pas de salle de bains, il fallait traverser la cour, été comme hiver, pour aller aux toilettes, le poêle à charbon de la grande pièce chauffait toute la maison, le confort réduit au minimum en somme. Pourtant nous y avons passé une jeunesse heureuse, sans la moindre envie de nous plaindre.
Aujourd'hui, les maisons des mines ont un autre aspect. Elles ont été rénovées, plus ou moins bien, mais elles ont conservé leur robustesse et un cachet un peu désuet qui fait tout leur attrait. Ces demeures abriteront encore durant de nombreuses années des familles barlinoises.
Lorsque je vois ces vieilles briques s'effondrer sous les coups des engins de démolition, je me fais une raison, un jour la page de l'habitat minier se tournera définitivement. Mais je suis atterré lorsque je vois ces solides bâtisses remplacées par des maisons hideuses, comme dans le boulevard Arago. Celles-ci, à coup sûr, ne traverseront pas le siècle comme nos bonnes ''vielles baraques''.


