Michel Dagbert doit vivre les jours les plus angoissants de sa carrière politique. Dans le premier tour des élections départementales, il est talonné par les candidats du Front National, 11 voix seulement lui ont permis d'arriver en vainqueur. Dimanche, le président du Conseil Général du Pas-de-Calais jouera tout bonnement sa carrière politique. S'il perd, il redeviendra simple conseiller municipal de Barlin. S'il gagne, retrouvera-t-il ses fonctions présidentielles au département ?
Cette situation fâcheuse pour Michel Dagbert, nous la pressentions. Depuis 2002, à chaque scrutin, l'hostilité des électeurs à son égard n'a cessé de croître. A Barlin, dans sa commune, auréolé pourtant de son nouveau titre de président du département, il atteint péniblement les 50%. Dimanche dernier, Michel Dagbert a récolté ce qu'il a semé.
Récemment, un lecteur du blog a défini tout à fait correctement le personnage '' Il sait tout, il a toujours raison, il n'écoute personne, il écrase les autres, ingérable, incontrôlable. Partout où il passe, il fait illusion''. Bien dit, c'est d'ailleurs pour ces raisons que j'ai démissionné en 2004 de mes fonctions d'adjoint au maire.
Le soir du premier tour Michel Dagbert s'étonnait de voir le FN arriver en tête dans les quartiers où les bénéficiaires des aides départementales sont les plus nombreux. Michel Dagbert n'a toujours pas compris que les électeurs du FN proviennent aussi de ces quartiers défavorisés. Des électeurs qui ne veulent plus d'aides, monsieur le président, mais du travail, des lendemains sans peur et un avenir pour leurs enfants.
L'homme de gauche que je suis ne peut pas se réjouir de l'arrivée possible du FN au conseil départemental du Pas-de-Calais. C'est presque une injure faite à notre vieille terre de lutte ouvrière. Dimanche, quels que soient les vainqueurs, la soirée sera amère.