C'est sans doute un cauchemar que sont en train de vivre quelques nouveaux propriétaires du quartier bien mal nommé ''la Verte plaine''.
Faire bâtir sa maison est pour beaucoup d'entre nous un rêve et l'investissement financier d'une vie. On y parvient après bien des sacrifices en affrontant souvent les fins de mois difficiles. Puis un jour tout s'effondre. C'est d'abord une rumeur qui devient réalité et vous coupe le sommeil. En effet, quel est le propriétaire qui supporterait sans mot dire la construction d'un immeuble HLM à quelques mètres de son habitation, avec vue imprenable sur sa terrasse. Adieu l'intimité et le calme !
L'incohérence des élus nous laisse les bras ballants, comment peut-on faire de telles erreurs ? L'aménagement de la Verte plaine est d'une complète absurdité, en voilà malheureusement une de plus, à mettre cette fois-ci à l'actif du nouveau maire Gérard Paillard.
Bientôt sur l'étendue herbeuse, un immeuble devrait sortir de terre, à quelques mètres de ces jolis pavillons. Michel Dagbert a quitté le fauteuil de maire, mais les mauvaises idées ne semblent pas avoir quitté le bureau.
Dans la Voix du Nord du 7 septembre 2014
Barlin : la vente de terrains par Maisons et cités à sa filiale HLM remet-elle en cause la mixité sociale à la Verte Plaine ? Samedi, le conseil municipal de Barlin n’a pas uniquement désigné ses délégués à l’agglo. Les élus se sont également penchés sur la cession de terrains appartenant à Maisons et cités dans le quartier de la Verte Plaine, rues de Fresnicourt et de Rouen. Le bailleur les revendrait à sa filiale HLM pour y ériger un immeuble. Bernard Frackowiak (Dynamisme et démocratie) rappelle l’opposition des riverains à la construction de logements près du rond-point : « Il y a déjà eu une manifestation. » « On n’aura pas grand-chose à dire contre la construction de cet immeuble mais quid de la mixité sociale ?, embraye son chef de file, Jean-Michel Cavigneaux. Maisons et cités s’était engagé sur trois tranches mais revend des terrains à sa filiale HLM et abandonne la tranche accession à la propriété, celle qui permet aux familles de revenus modestes de posséder un jour leur logement. Et les belles maisons construites par les citoyens vont se retrouver enclavées au milieu d’une zone locative. » « Diktat » « Je comprends les propriétaires à côté mais l’immeuble en construction n’est pas moche », tempère Gérard Paillard. « C’est quand même dommage que les bailleurs sociaux puissent faire la loi dans la commune », rétorque Jean-Michel Cavigneaux, peu sensible aux beautés architecturales mises en avant par le maire. « Et s’ils peuvent la faire, c’est parce qu’on les a laissés devenir propriétaires d’immenses terrains. » Jean-Paul Courchelle (D’abord l’humain) dénonce aussi un « diktat imposé par le bailleur » et note que « la mixité sociale existe déjà dans ce quartier. Implanté là, cet immeuble peut hypothéquer l’avenir ». L’adjoint à la cohésion des quartiers Philippe Dolliet tente à son tour de calmer le jeu : « Ce qui doit nous réjouir, c’est que ça montre que Barlin est une ville de projets. » « Des projets comme ça, il faudrait peut-être y réfléchir », grince Jean-Michel Cavigneaux. La délibération est adoptée par 22 voix pour et 7 contre. Gérard Paillard conclut sur une note d’espoir : « L’écoquartier en projet près d’Intermarché valorisera le secteur. » Par RU. MU.
