Le bruit courait depuis quelques jours ''Michel Dagbert est mis en examen''. Voilà ce que nous pouvons lire dans la Voix du Nord de ce matin.
Pas content, mais alors, pas content du tout, Michel Dagbert était entouré hier après-midi d’une bonne partie de son groupe, témoignage de soutien au chef de file dans la tourmente.« C’est la première fois depuis 1977 que la campagne est si tendue, mais je vous promets que je ne vais pas me laisser faire. » Ce qui fâche le maire ? Des rumeurs qui courent, selon lesquelles il serait mis en examen, « et même que j’aurais été placé en garde à vue lundi. C’est faux ! » Et de lister son emploi du temps de lundi, concluant : « Je n’ai pas été mis en garde à vue, je ne suis pas mis en examen... » Mais, car il y a un mais, Michel Dagbert fait bien l’objet d’une plainte. Jeudi matin, il a reçu « une invitation à me présenter au tribunal de grande instance de Béthune. » Rendez-vous à l’issue duquel il pourrait en effet être mis en examen. Ou pas, si la justice considère que les faits ne donnent pas lieu à poursuites. Les faits Les faits selon Michel Dagbert ? Ils se seraient produits lors d’un conseil municipal en mai 2013. « Il était question du transfert du club de judo (alors salle Tételin) dans les locaux du pôle associatif. L’opposition a protesté que ces nouveaux locaux n’étaient pas adaptés à l’activité, qu’ils posaient un problème de normes. Ce à quoi j’ai répondu que toutes les assurances avaient été prises auprès de la FFJ, et je suis allé plus loin en disant qu’il fallait cesser la mauvaise foi, et qui si certains faisaient preuve de mauvaise volonté, il fallait sans doute en chercher la raison ailleurs... » Plus concrètement, le maire aurait sous-entendu que si les membres du judo ne souhaitaient pas déménager, c’est parce qu’ils utilisaient parfois la salle, excentrée, pour des réceptions «conviviales qui n’ont pas lieu d’être. Quand des gens ont besoin d’une salle pour organiser une fête pour un anniversaire, ils n’ont qu’à la demander. Mais une salle de judo, ça sert à faire du judo et jusqu’à nouvel ordre, un maire est là pour faire respecter la loi... » Les propos visés par la plainte ? « Je ne nie pas les avoir tenus, mais ils n’ont rien de diffamatoires ! » Sauf que pour Jean-Michel Cavigneaux, les choses ne se seraient pas déroulées de cette manière. L’homme, figure forte du club de judo, qui se trouve être la tête d’une des deux listes qui affronteront le maire sortant dans une semaine, a en effet porté plainte contre Michel Dagbert, pour diffamation. « Mais je ne suis pas seul, c’est une plainte collective... » Portée par trois personnes, dont Jean-Michel Cavigneaux et Bernard Frakowiak, le second figurant en bonne position sur la liste du premier. Le troisième homme représente le club de judo. « La plainte date de fin août, bien avant les élections. Nous avons été reçus par la juge mardi... » Plainte collective Selon Jean-Michel Cavigneaux, c’est bien le conseil municipal de mai 2013 qui est en cause, mais pas la question de la salle de sports, « Jamais de la vie ! D’ailleurs, je vais vous dire, les trois personnes qui ont porté plainte n’étaient même pas présentes au conseil. On a appris par des gens du public et par des gens de l’opposition ce qui s’était passé... » Et surtout ce qui s’était dit. « Je tiens les transcriptions du conseil à votre disposition, on y lit une heure et quart d’insultes à l’égard de tout le monde, de moi, de M. Frakowiak, et d’autres... ça vaut son pesant de cacahuètes. Et on ne sait même pas pourquoi... Personne n’a compris. » Pour Jean-Michel Cavigneaux, les déclarations du maire, fâché et outré, « c’est pour allumer un contre-feu parce qu’il sait qu’il a dérapé... » Et tandis que Michel Dagbert se dit « touché » par ce qui est une première pour lui et promet « ils ont connu le Michel gentil, maintenant ils vont connaître l’autre ! » ; son opposant, lui, ne doute pas que le maire sortant sera mis en examen à l’issue de son audition. À suivre...
